La saison de Noël

Dimanche 21 décembre 2008, par Yves Gouast // Messages bibliques


- Ce message ne possède pas de version audio

Ah ! Que cette saison de Noël est merveilleuse ! On se rassemble en famille et entre amis, on échange des cadeaux. Les gens sont gentils, la saison de Noël est propice à ouvrir son cœur...

Avez-vous remarqué cette année, avec la crise, tout le monde se réjouit du fait que les français se montrent plus généreux que d’habitude : on a donné 95 millions d’euros au téléthon, les dons à la banque alimentaire sont en hausse. Les dépenses consacrées aux enfants, nous dit-on, n’ont pas été sacrifiées malgré la crise. Noël, c’est « magique » nous disent des compagnies comme Disney ou Canal Sat...

J’ai assisté à une « fête de Noël » dans une école maternelle et primaire. Plus le spectacle avançait, plus je ressentais une profonde tristesse pour tous ces petits enfants que je voyais se lever tour à tour, classe par classe. Les maîtresses n’avaient préparé que des chants qui tournaient autour du père Noël, qui est rouge, qui a une barbe, qui apporte des joujoux, qui descend dans la cheminée, qui fait ceci, qui fait cela... Je me suis dit, mais qu’est-ce que notre société est en train de faire avec ces petits ? J’étais tellement affecté que je suis parti avant la fin, fatigué de tout cela.

A Noël, c’est l’occasion de se retrouver, certes, mais c’est aussi l’occasion pour beaucoup d’entre nous de consommer... Je connais un magasin qui proposait hier 20 décembre 2008 un jour de super-promotions, jusqu’à 100% remboursés en bons d’achat valables dès le lendemain. Des plats cuisinés ’gratuits’, du jambon cru gratuit, des écrans de télévision à moitié prix... Nous étions dans ce magasin dès l’ouverture (eh oui !), au milieu d’une foule compacte qui s’est jetée sur les cartons dès l’ouverture des portes. C’est une expérience à vivre, mais cela fait aussi beaucoup réfléchir... Que cherchent toutes ces personnes en voulant consommer gratuit ? Que cherchent les magasins en proposant de telles réductions ?

La réponse est que l’on nous a appris, dans notre société, que la consommation est le moteur de toute la société. Des groupes de pensée dénoncent ce système où la consommation est au centre de toute une chaine au départ de laquelle il y a des conditions de vie extrêmement difficiles pour des personnes dans des pays qui nous semblent bien lointains (Asie, Inde...). En bout de chaine, il y a des déchets dont nous ne savons trop que faire et que nous envoyons dans des pays qui n’ont d’autre choix que de les accepter contre quelques dollars. Ces groupes de pressions en tirent des conclusions écologiques et humanistes qui se défendent, certes, mais qui ne vont pas plus loin. Ce qu’elles proposent à la place est un autre système où les choses ne sont plus linéaires mais cycliques. Le problème est que cela manque de perspective. Où est le sens de tout ça ?

Alors ce matin, je vous propose que nous nous plongions dans le vrai sens de Noël. Souvenons-nous...

Une nuit fraîche et étoilée, une humble étable à la sortie de la ville. Quand on regarde par la porte ouverte de l’étable, on voit un bouquet de gui que Joseph a accroché là exprès au cas où Marie passerait par là, pour l’embrasser. Pendant ce temps-là, elle est très occupée à préparer la dinde et sa farce aux marrons qu’elle a choisies avec soin chez le meilleur boucher de la ville. Dans toute la pièce, des petites branches de houx sont accrochées autour de l’unique petite fenêtre qui domine la campagne environnante. L’odeur du sapin qui trône dans un coin se dispute l’atmosphère de la pièce avec le foin, le grain et... vous savez... l’engrais 100% naturel fourni par le bœuf et l’âne !... Plus tard, Joseph ronfle après un repas copieux qui était délicieux. Marie prend l’enfant, le ’petit Jésus’ dans la vieille crèche, une antiquité. Il remue et réclame son repas.

A ce moment-là, des visiteurs viennent voir s’il y a des restes. Ils viennent chercher un moment de chaleur ces braves bergers qui avaient bien froid dehors à garder leur troupeau... Et puis ils sont encore tout retournés. Était-ce une météorite ? Un ange ? Ou un bon gros elfe jovial qui se baladait dans les cieux il y a quelques minutes ? Ils ne savent plus très bien... Ensuite, trois hommes très riches lui rendent visite également, apportant des cadeaux. On les ajoute aux autres qui se trouvaient déjà sous le sapin. Puis, alors que l’enfant Jésus se rendort doucement, Marie elle aussi commence à piquer du nez. Mais qu’entend-elle ? Mais oui, ce sont bien ses chants de Noël préférés que des anges chantent au dehors. Elle sort et les voit. Elle aperçoit aussi le père Noël qui traverse le ciel à ce moment-là, s’exclamant : ’un enfant vous est né !’ Joyeux Noël et Bonne année !

Eh bien ? Ce n’est pas ça ? Et pourtant, de nos jours, chez beaucoup de personnes, tout se mélange et ce récit délirant que je viens de faire ne choquerait personne. Il est devenu très difficile, même parfois pour nous chrétiens, de faire la distinction entre ce qui est correct et ce qui ne l’est pas. De nouvelles images et réinterprétations de Noël se sont insinuées dans nos esprits et il est devenu difficile de faire la différence entre réalité et fiction. Cela ne s’est pas passé en une seule nuit, mais petit à petit, comme c’est souvent le cas de tous les changements. Souvent on ne s’en aperçoit pas avant qu’il ne soit trop tard. Mais toutes ces images et traditions, ces lumières des magasins et autres festins, changent notre vision de la naissance miraculeuse de Christ et nous cachent le but de sa venue.

Le 25 décembre, jour de Noël (en anglais, Christmas, la messe de Christ) est un jour qui a été mis de côté pour célébrer la naissance de Jésus-Christ. Il s’agit des débuts miraculeux de l’interaction de Dieu dans les affaires des hommes par l’intermédiaire de son Fils. Mais la célébration s’est retrouvée polluée par tout un ensemble de mythes, de commercialisation, de personnages de dessins animés et même d’éléments du paganisme. Vous pensez que je me trompe ? Voyons cela en détail :
- La date, décidée au 4e siècle, coïncidait avec la célébration germanique du solstice d’hiver.
- Le houx, dont une partie servait à faire une boisson stimulante, est associé à Noël à cause de ses propriétés : il reste toujours vert ; toujours vivant...
- Les druides pensaient que le gui avait des pouvoirs magiques et était utilisé comme remède contre l’infertilité.
- Le sapin de Noël, encore une fois un arbre à feuillage persistant, fut utilisé premièrement par les Allemands qui voyaient en lui un arbre du paradis, symbolisant le jardin d’Eden perdu. Ce n’est qu’à partir du 17è siècle que les Français ont commencé à l’utiliser dans leur célébration de Noël. Ensuite, l’usage s’est répandu partout en Europe, puis en Angleterre dans les années 1840. De là, l’usage s’est étendu aux USA et un peu partout dans le monde.
- L’échange des cadeaux, basé en partie sur la générosité des Rois Mages, a été mis en place par les Hollandais. Le jour de la St Nicolas, le 6 décembre, était précédé du réveillon de la St Nicolas le 5 décembre au soir. C’était l’occasion de donner des cadeaux aux enfants car St Nicolas était et est toujours considéré par beaucoup comme le ’Saint patron des enfants’. Ce sont des Britanniques qui ont repéré cette tradition et l’ont incorporée à leur célébration du réveillon de Noël et du jour de Noël.
- Un autre ’Nicolas’ est celui qui est devenu le Saint-Nicolas de Noël pour les catholiques. Il est né au 3e siècle de parents chrétiens en Asie Mineure. Il était un homme de foi très occupé et impliqué, connu et reconnu dans toute l’Europe, l’Asie Mineure et la Russie. La connexion avec Noël vient du fait qu’il aurait accompli un geste noble en venant à l’aide de trois jeunes femmes. Elles devaient être vendues pour devenir esclave car leur père n’avait plus d’argent et se trouvait dans une situation financière terrible. Nicolas a secrètement déposé trois sacs d’or dans leur maison, sauvant la famille de la détresse et les trois sœurs de l’esclavage. Son don ’anonyme’ est devenu associé à la tradition de donner comme les trois rois mages l’avaient fait peu après la naissance de Jésus.

Associez tout cela ensemble et vous obtenez la tradition du Noël contemporain...

Il n’y a rien de mal à célébrer Noël, à avoir un arbre, à se rassembler en famille, à faire la fête entre amis... tant que l’on reste conscient de ce que l’on fait. Acheter trop, voyager trop, faire trop la fête et finir par oublier la vraie raison de tout cela, à savoir Jésus-Christ.

Nous devons bien comprendre que dans notre société, Noël a complètement dérivé. On vous dira que c’est la fête des enfants, etc... mais pas la célébration de la naissance de Jésus-Christ. Tout au plus vous concèdera-t-on que c’est la naissance du ’petit Jésus’ à la façon de la pastorale provençale, mais c’est bien tout. Il est même arrivé dans certaines églises que l’on annule le culte si le 25 décembre tombait un dimanche, pour laisser tout le monde vaquer à ses occupations, bien faire cuire sa dinde sans se sentir culpabilisé.

Pourtant, nous pouvons vivre un joyeux noël et espérer une bonne nouvelle année à cause de ce qui fut annoncé il y a si longtemps : « Mais l’ange leur dit : Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie : c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.

Je vous propose de lire le vrai récit de Noël ensemble.

Luc chapitre 2 versets 1 à 39

En ces jours-là parut un décret de César Auguste, en vue du recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée dans la ville de David appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande crainte. Mais l’ange leur dit : Soyez sans crainte, car je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et ceci sera pour vous un signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, qui louait Dieu et disait : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée ! Lorsque les anges se furent éloignés d’eux vers le ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons donc jusqu’à Bethléhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph, et le nouveau-né dans la crèche. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l’étonnement de ce que leur disaient les bergers. Marie conservait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur. Et les bergers s’en retournèrent en glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, conformément à ce qui leur avait été dit. Quand le huitième jour fut accompli, il fut circoncis et fut appelé Jésus, du nom indiqué par l’ange avant sa conception. Et, quand les jours de leur purification furent accomplis selon la loi de Moïse, on l’amena à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, — suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur. — Et pour offrir en sacrifice une paire de tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme c’est prescrit dans la loi du Seigneur. Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Siméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait été divinement averti par le Saint-Esprit qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint au temple, (poussé) par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qui était en usage d’après la loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : Maintenant, Maître, tu laisses ton serviteur S’en aller en paix selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, Que tu as préparé devant tous les peuples, Lumière pour éclairer les nationsEt gloire de ton peuple, Israël. Son père et sa mère étaient dans l’admiration de ce qu’on disait de lui. Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère : Voici : cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et comme un signe qui provoquera la contradiction, et toi-même, une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient révélées. Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était d’un âge fort avancé. Après avoir vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité, elle resta veuve, et, âgée de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple et servait (Dieu), nuit et jour, par des jeûnes et des prières. Elle survint elle aussi, à cette même heure ; elle louait Dieu et parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent tout accompli selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville.

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