Crois seulement...

Luc chapitre 8 verset 50
vendredi 11 mai 2007
par Yves Gouast

Vous est-il déjà arrivé de lutter avec votre foi ? Ne vous est-il jamais apparu difficile de croire quelque chose que vous ne comprenez pas vraiment ? Vous n’êtes pas le seul. La plupart d’entre nous luttons pour nous construire une foi solide et inébranlable. Cependant, certains ne font pas ce travail. Cette foi et cette fidélité s’acquièrent un petit pas à la fois. Généralement, nous testons la fidélité de Dieu et petit à petit nous devenons de plus en plus dépendant de Lui. Cette façon de vivre nous permet de renforcer notre confiance. Souvent, nous ne pouvons que nous exclamer « Je crois ; viens au secours de mon incrédulité ! » (Marc 9:24) ; avant de réaliser que « … tout est possible à celui qui croit. » (Marc 9:23)

Quand il encourageait un père à bout de force à « croire seulement… » Jésus ne demandait pas à cet homme d’ignorer les tenants et les aboutissants de sa situation. De même pour nous aujourd’hui, il n’attend pas de nous que nous restions « benoîtement » ignorants des problèmes auxquels nous avons à faire face au cours de notre vie. Il s’agit plutôt d’un appel pour nous à réaliser qu’il est des choses à propos de Dieu que nous ne pouvons pas comprendre et qui sont au-delà de toute explication ; que parce que nous nous appuyons sur un premier « saut de la foi » suivi d’une foi fidèle, notre compréhension peut grandir alors même que notre perception et nos circonstances changent. Nous apprenons à croire, et la Bible dit même que nous « savons » que toutes choses concourent à notre bien : Romains 8:28 « Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, qui sont appelés selon son dessein. » Dieu sait faire sortir du bien de toutes situations, même les plus mauvaises, les plus incroyables, les plus désespérées.

De par leur nature même, la foi et la croyance ne sont pas faciles à appréhender si l’on s’en tient aux standards et aux techniques établis par les hommes. L’Écriture définit la foi comme « …l’assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas Hébreux 11:1. Il ne s’agit pas d’un pas « dans le vide », « à l’aveugle », mais la reconnaissance du fait que certaines choses sont du ressort de Dieu et se trouvent au delà de notre capacité de compréhension : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. » Esaïe 55:8. Ce n’est qu’alors que nous commençons à vraiment comprendre les mystères de notre Dieu : « C’est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qu’on voit ne provient pas de ce qui est visible. » Hébreux 11:3. Voir aussi Jean 20:29, quand Jésus s’adresse à Thomas : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! » En fait, « …sans la foi, il est impossible de lui plaire ; celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent. » Hébreux 11:6. Il s’agit de croire d’abord qu’il existe, même si nous ne l’avons jamais vu ; le reste vient après. Ce n’est pas quelque chose qui peut être testé de façon empirique ou reproduit de façon scientifique, mais bien plutôt de quelque chose qui se vit et se discerne spirituellement.

Le passage bien connu de Jean 3:16 à 18 cible bien le coeur du problème : Dieu nous aime tellement qu’il a fait tout ce qui était nécessaire et possible pour notre rédemption et notre salut. Tous ceux qui croient et acceptent que cette affirmation est authentique sont sauvés : « … celui qui croit a la vie éternelle… » Jean 6:47. Celui qui doute risque de passer sa vie à lutter et risque de vivre sa vie de façon moins victorieuse et épanouie : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » dira Jésus à Pierre qui s’enfonçait dans le doute et dans la mer (Matthieu 14:31) ; « En vérité, je vous le dis, si vous avez de la foi et si vous ne doutez pas, non seulement vous ferez ce qui a été fait à ce figuier, mais quand vous diriez à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait. Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez. » (Matthieu 21:21-22) ; « …celui qui doute est semblable au flot de la mer, que le vent agite et soulève. » (Jacques 1:6). En revanche, celui qui ne croit pas fera l’expérience de la colère de Dieu : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne se confie pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jean 3:36). Notre mission en tant que chrétiens, réduite à sa plus simple expression, est de croire « en celui qu’il (Dieu) a envoyé » Jean 6:29. Une fois que ceci est fait, tous les autres aspects de la vie chrétienne peuvent suivre. En fait, toute l’histoire de la vie de Jésus a été écrite afin que tous ceux qui suivraient ses traces, même en n’étant pas ses contemporains, puissent « croire que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant… ils aient la vie en son nom. » (Jean 20:31) Car l’évangile est « une puissance de Dieu pour le salut de celui qui croit. » (Romains 1:16) Ce principe de base s’est révélé à travers toute l’histoire de l’église, comme étant la façon choisie par Dieu pour susciter la foi personnelle des hommes et bâtir son Église. La preuve est là : Paul proclame au geôlier philippien : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé. » (Actes 16:31) Mais alors c’est aussi simple que cela ? Est-il nécessaire que ça soit compliqué ? Cela dépend de la profondeur de notre foi, de la largeur de la confiance que nous accordons à Dieu. La confiance entraîne la foi, qui à son tour augmente la confiance, qui enracine notre engagement et crée en nous un désir de fidélité. Il s’agit d’un cercle vertueux !

Beaucoup de personnes dans notre société aujourd’hui admirent un bon nombre des principes que Jésus incarnait. Certains principes éducatifs par exemple, ou bien encore la défense de la cause des femmes. Cependant, ils refusent de reconnaître celui que Jésus disait qu’il était. Quand on sait que ce sont ses idées que l’on apprécie, on le trouvera peut-être « intéressant » et on dira que ses enseignements étaient nobles ou audacieux, tout en refusant qu’ils fassent autorité. On se permet de picorer ce que l’on considère comme significatif et que l’on peut, à la limite, suivre. Mais le fait de trouver Jésus « intéressant » n’est pas suffisant ; être curieux à son sujet n’est pas suffisant ; observer sa façon de vivre et étudier ses enseignements n’est pas suffisant ; le suivre en mimant sa façon de vivre n’est pas suffisant ; renoncer à sa situation et donner son patrimoine n’est pas suffisant ; même dire que l’on est un disciple n’est pas suffisant. L’intérêt s’émousse, la curiosité peut être satisfaite, l’étude et l’observation deviennent lourdes, essayer d’être quelqu’un que nous ne sommes pas ne peut jamais satisfaire, le sacrifice personnel, seul, n’accomplit rien, les allégeances changent. Alors où se trouve la réponse ? Qu’est-ce qui est suffisant ? Accepter de le prendre au mot, même quand on ne comprend pas tout. Croire en sa personne même si nous ne pouvons pleinement l’appréhender. Le recevoir comme Sauveur de notre âme et Seigneur de notre vie. Rien d’autre ne peut « marcher » !

Être sauvé de quelque chose n’est pas un concept difficile à appréhender. Mais que signifie de vraiment révérer Christ comme Seigneur ? Autrefois, un seigneur avait une grande autorité et exerçait un grand pouvoir sur les administrés ; normalement pour leur bien, mais en réalité le bénéfice allait invariablement à ceux qui étaient au pouvoir. L’étymologie du mot « seigneur » en anglais, « lord » vient de deux mots qui signifiaient « gardien » et « pain ». Le seigneur était littéralement le gardien du pain, le garant du fait que les administrés seraient nourris. Le seigneur devait veiller sur ses sujets et s’occuper de leur bien-être. Le seigneur était également celui qui pouvait vous le retirer. La plupart du temps, un seigneur possédait ses « serfs » et tout ce qui leur appartenait, leur rendant ce qu’il pensait être nécessaire et qui serait bien utilisé. Cette relation a souvent dégénéré en une relation maître-esclave ; mais même cela peut avoir des significations bien divergentes, de la servitude avilissante à la relation de confiance dans le cadre d’un service honorable. « Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. » (Matthieu 10:24) ou encore « Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi ; car un seul est votre maître, et vous êtes tous frères. » (Matthieu 23:8)

En comparant des bâtisseurs dont l’un était sage et l’autre fou à ceux qui essayaient de décider si oui ou non ils voulaient suivre pour de bon sa voie, Jésus, visant bien ce qu’il voulait dire, a demandé « Pourquoi m’appelez-vous : Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ? » (Luc 6:46). C’est une question légitime. Car s’il est vraiment notre Seigneur, nous allons suivre sa voie, chercher à ce qu’il nous guide et demander sa bénédiction sur tout ce que nous faisons et disons ; et il contrôlera véritablement notre vie si nous lui remettons volontairement, et volontiers, toutes choses. Et même s’il n’est pas nécessaire de craindre des représailles ou des punitions, nous pouvons nous attendre à être en quelque sorte disciplinés si nous prétendons lui appartenir mais que nous vivons notre vie en n’en faisant qu’à notre tête. (Luc 6:46-49, Luc 12:35-48, Matthieu 24:45-51, Matthieu 25:14-30, Jean 13:1-17, Hébreux 12:5-11, Philippiens 2:12)

Si Jésus-Christ est réellement Seigneur de notre vie, alors l’obéissance et/ou le service ne nous posent plus de problèmes car au lieu d’être contrôlés de force, nous nous contrôlons nous-mêmes à cause de ce qu’il a fait pour nous. Au lieu de nous voir imposer un quelconque conformisme, nous allons de nous-mêmes chercher à nous conformer à sa volonté à cause de la promesse de sa présence continue et de sa bénédiction dans notre vie. En choisissant de suivre et d’obéir à Jésus-Christ, nous récolterons les bénéfices d’un tel choix, notre foi grandissant et s’épanouissant au fur et à mesure que nous apprenons à « croire seulement… »



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