Les conséquences d’un péché

Samedi 29 janvier 2011, par Yves Gouast // Messages bibliques

Le péché est quelque chose de terrible. Depuis les débuts de l’humanité, ses ravages se font sentir, font souffrir les hommes et toute la création. Aujourd’hui, je vous propose de regarder de près les conséquences qu’ont pu avoir UN péché. Au départ de cette histoire, nous le verrons, il y a UN meurtre qui a entraîné de la faiblesse de cœur, puis de l’amertume, des mensonges, de la duplicité, de la corruption, un autre meurtre et en fin de compte un désarroi immense pour un très grand nombre de personnes.

2 Samuel chapitre 13

131 Après cela, voici ce qui arriva : Absalom, fils de David, avait une sœur qui était belle et qui se nommait Tamar ; et Amnon,
fils de David, l’aima.
2 Amnon était tourmenté jusqu’à se rendre malade à cause de Tamar, sa sœur ; car elle était vierge, et il paraissait difficile
à Amnon de faire sur elle la moindre tentative.
3 Amnon avait un ami, nommé Yehonadab, fils de Chimea, frère de David, et Yehonadab était un homme très habile.
4 Il lui dit : Pourquoi apparais-tu ainsi chaque matin plus misérable, toi, fils de roi ? Ne veux-tu pas me le dire ? Amnon
lui répondit : J’aime Tamar, sœur de mon frère Absalom.
5 Yehonadab lui dit : Mets-toi au lit et fais le malade. Quand ton père viendra te voir, tu lui diras : Permets à ma sœur Tamar
de venir pour me donner de la nourriture ; qu’elle prépare la nourriture sous mes yeux, afin que je la voie et que je la
prenne de sa main.
6 Amnon se coucha et fit le malade. Le roi vint le voir, et Amnon dit au roi : Je te prie, que ma sœur Tamar vienne faire deux
gâteaux sous mes yeux, et que je me nourrisse de sa main.
7 David envoya dire à Tamar dans l’intérieur (des appartements) : Va, je te prie, dans la maison de ton frère Amnon et prépare-lui
de la nourriture.
8 Tamar alla dans la maison de son frère Amnon, qui était couché. Elle prit de la pâte, la pétrit, prépara devant lui des gâteaux
et les fit cuire.
9 Elle prit ensuite la poêle qu’elle vida devant lui. Mais Amnon refusa de manger. Il dit : Faites sortir tout le monde de
chez moi ! Et tout le monde sortit de chez lui.
10 Alors Amnon dit à Tamar : Apporte la nourriture dans la chambre, et je me nourrirai de ta main. Tamar prit les gâteaux qu’elle
avait faits et les porta à son frère Amnon, dans la chambre.
11 Comme elle les lui présentait à manger, il la saisit et lui dit : Viens, couche avec moi, ma sœur !
12 Elle lui répondit : Non, mon frère, ne me fais pas violence, car on n’agit pas ainsi en Israël ; ne commets pas cette folie.
13 Où irais-je, moi, avec mon déshonneur ? Et toi, tu serais comme un fou en Israël. Maintenant, je te prie, parle au roi, et
il ne refusera pas de me donner à toi.
14 Mais il ne voulut pas l’écouter ; il se saisit d’elle, lui fit violence et coucha avec elle.
15 Puis Amnon eut pour elle une forte aversion, plus forte que n’avait été son amour, et il lui dit : Lève-toi, va-t’en !
16 Elle lui répondit : Non, car me chasser serait me faire un mal encore plus grand que celui que tu m’as déjà fait !
17 Mais il ne voulut pas l’écouter. Il appela le garçon qui était à son service et dit : Chassez-moi celle-là dehors et verrouille
la porte derrière elle !
18 Elle portait une tunique multicolore, car c’était le vêtement dont étaient vêtues les filles vierges du roi. Le domestique
d’Amnon la mit dehors et verrouilla la porte derrière elle.
19 Tamar répandit de la cendre sur sa tête et déchira la tunique multicolore qu’elle portait ; elle mit la main sur sa tête
et s’en alla en poussant des cris.
20 Son frère Absalom lui dit : Ton frère Amnon a-t-il été avec toi ? Maintenant, ma sœur, tais-toi, c’est ton frère ; ne prends
pas cette affaire trop à cœur. Tamar, désolée, resta dans la maison de son frère Absalom.
21 Le roi David apprit tout cela et il fut très en colère.
22 Absalom ne dit rien à Amnon ; mais il le prit en haine, parce qu’il avait fait violence à sa sœur Tamar.
23 Deux ans après, comme Absalom avait les tondeurs à Baal-Hatsor, près d’Éphraïm, il invita tous les fils du roi.
24 Absalom alla vers le roi et dit : Voici donc que ton serviteur a les tondeurs ; que le roi et ses serviteurs veuillent bien
venir chez ton serviteur.
25 Le roi dit à Absalom : Non, mon fils, nous n’irons pas tous, de peur que nous te soyons à charge. Absalom insista auprès
de lui, mais le roi ne voulut pas y aller et il le bénit.
26 Absalom dit : Permets du moins à mon frère Amnon de venir avec nous. Le roi lui répondit : Pourquoi irait-il chez toi ?
27 Sur l’insistance d’Absalom, le roi laissa aller avec lui Amnon et tous les fils du roi.
28 Absalom donna cet ordre à ses jeunes gens : Faites attention quand le cœur d’Amnon sera égayé par le vin, et que je vous
dirai : Frappez Amnon ! alors mettez-le à mort. Soyez sans crainte, n’est-ce pas moi qui vous l’ordonne ? Soyez forts et
vaillants !
29 Les jeunes gens d’Absalom traitèrent Amnon comme Absalom l’avait ordonné. Alors tous les fils du roi se levèrent, montèrent
chacun sur son mulet et s’enfuirent.
30 Comme ils étaient en chemin, cette nouvelle parvint à David : Absalom, dit-on, a tué tous les fils du roi, et il n’en est
pas resté un seul.
31 Le roi se leva, déchira ses vêtements et se coucha par terre ; et tous ses serviteurs étaient là, les vêtements déchirés.
32 Yonadab, fils de Chimea, frère de David, prit la parole et dit : Que mon seigneur ne dise pas qu’on a fait mourir tous les
jeunes gens, fils du roi, car Amnon seul est mort ; et c’est l’effet d’une décision d’Absalom, depuis le jour où Amnon
a fait violence à sa sœur Tamar.
33 A présent, que le roi mon seigneur ne prenne pas la chose à cœur en se disant que tous les fils du roi sont morts, car Amnon
seul est mort.
34 Absalom prit la fuite. Or le jeune homme placé en sentinelle leva les yeux et regarda : voici qu’une grande troupe venait
par le chemin qui était derrière lui, du côté de la montagne.
35 Yonadab dit au roi : Voici les fils du roi qui arrivent ! C’est bien ce que disait ton serviteur.
36 Comme il achevait de parler, les fils du roi arrivèrent. Ils se mirent à sangloter ; le roi aussi et tous ses serviteurs versèrent
d’abondantes larmes.
37 Absalom avait pris la fuite et il alla chez Talmaï, fils d’Ammihoud, roi de Guechour ; et David portait tous les jours le
deuil de son fils.
38 Absalom, qui avait pris la fuite pour aller à Guechour, y resta trois ans.
39 Le roi David cessa de poursuivre Absalom, car il était consolé de la mort d’Amnon.

2 S 13 (Bible de la Colombe)

Quelle histoire terrible... Nous allons essayer de la « décortiquer » ensemble et d’en tirer une leçon pour nous aujourd’hui.

Le contexte

La place du texte dans le deuxième livre de Samuel

  1. Première partie : David, le roi selon le cœur de Dieu ; chapitres 1 à 10
  2. Deuxième partie : la chute de David et ses conséquences ; chapitres 11 à 20
  3. Troisième partie : le triomphe de la grâce ; chapitres 21 à 24

Le roi David est passé par des temps difficiles avant de devenir roi, mais il a été choisi par Dieu car il était « un homme selon le cœur de Dieu ». Toutefois, on trouve au chapitre 11 de 2 Samuel le récit de sa chute. David abuse de Bath-Shéba, la femme d’Urie qu’il va faire mourir.

Je trouve cette histoire particulièrement difficile au moment où Urie repart vers le front, emportant sans le savoir le message qui ordonne au chef de l’armée de le mettre au plus fort du combat. Je me dis que s’il avait été infidèle et jeté un œil au message, il ne serait pas mort !

Alors ? Aurait-il mieux valu pour lui qu’il pèche ? Certes non ! Ce n’est pas mon propos. Mais à vue humaine, je trouve ce moment de l’histoire particulièrement cynique. Il transporte son propre arrêt de mort et c’est sa fidélité qui semble le perdre. Mais en réalité non, c’était le péché de David qui faisait ses premières victimes...

Et si effectivement David s’est repenti du mal qu’il a commis, les conséquences étaient néanmoins bel et bien là ; Urie est mort, c’est irréversible. Et l’histoire que l’on vient de lire est une autre conséquence de tout cela, quand on y réfléchit bien. Le péché de David retombe sur toute la famille, les conséquences sont difficiles à mesurer.

Souillure de la famille de David

Amnon est le fils premier-né d’Amnon. Il est celui qui logiquement un jour deviendra roi à la place de son père. Et pourtant, ce jeune homme apparaît dans ce chapitre comme un être complètement immature.

"Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. A notre époque, les enfants sont des tyrans."
(Socrate)

Et on se rend compte que les jeunes hommes immatures qui ne savent pas faire la différence entre ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas ne datent pas d’aujourd’hui ; ils datent d’hier et d’avant-hier même ! Je vois « quelque chose » qui m’attire, pourquoi m’en priver ? Une des clés est bien là... Amnon ne considère pas Tamar comme sa soeur, mais comme un objet sexuel dont il peut user et abuser avant de la rejeter. Il se laisse dominer par ses mauvais instincts et méprise la loi. Son père David s’était rendu coupable de convoitise, adultère et meurtre. Amnon, le fils ainé sera violent et immoral ; Absalom, le fils d’une alliance avec une étrangère, sera meurtrier. Ce trait se retrouve dans toute la famille : Jonadab, le cousin d’Amnon et Absalom joue le rôle du complice rempli de duplicité, agissant tantôt pour le compte d’Amnon (v. 5), tantôt pour le compte d’Absalom (v. 32)

Seule Tamar, belle, pure et digne, souffre de la situation en se voyant violentée, déshonorée, bafouée, rejetée, confinée chez son frère, elle qui n’a fait qu’obéir à son père en se rendant chez son frère pour lui préparer des gâteaux.

Les conséquences du péché

Les conséquences sont terribles. En tout premier lieu pour Tamar : dès lors qu’elle a été abusée, Amnon se met à la rejeter. Il est écrit qu’il eut pour elle une aversion plus forte encore que ne l’avait été son amour (v. 15).

Les violeurs n’hésitent pas à tuer leur victime, « pour qu’elle ne parle pas », expliquent-ils parfois. Mais la réalité ne serait-elle pas qu’ils éprouvent inconsciemment de la haine pour ce qu’ils ont fait mais ne peuvent le reconnaître ? Et ils refoulent tout, projetant leur haine de leur acte sur la victime. Car reconnaître que l’on a péché est quelque chose de très difficile. Si vous êtes Chrétien, rappelez-vous du moment de votre conversion, quand il a fallu reconnaître, confesser votre état de pécheur. Tout se passait pourtant dans votre cœur, n’est-ce pas ? C’était entre Dieu et vous, mais que c’était difficile ! Mais avec l’aide du Seigneur, vous l’avez fait, nous l’avons fait.

Amnon, lui, se retrouve donc avec cette haine envers sa soeur et Tamar subit en quelque sorte une double peine. Et ce n’est pas fini ! Verset 20 : « Ne prends pas cette affaire trop à cœur ! »... Ben voyons !

Les réactions dans la famille

Absalom va, à partir de ce moment-là, développer une haine farouche envers son demi-frère, mais il n’en laisse rien paraître. Il recueille sa soeur et rumine sa haine. Il paraît que la vengeance est un plat qui se mange froid... Absalom va attendre deux ans avant de se venger.

David, quant à lui, est « très en colère ». On serait tenté de dire : « C’est tout ? » Sa propre fille violée par son propre fils, et David est « en colère », point ! En réalité, David se révèle d’une faiblesse coupable dans la gestion des suites de cette affaire. Il ne semble pas s’occuper de Tamar, laissant ce soin à Absalom.

On ne voit pas qu’il châtie sévèrement Amnon, ce qui a pu exaspérer Absalom. Celui-ci perd toute notion de respect envers son père et n’hésitera pas, dans quelques années, à chasser son père du pouvoir après une conspiration. Il a pu se dire que son père ne méritait plus, n’était plus digne ou même capable d’exercer la royauté. Pire encore, le fils ainé, Amnon, son demi-frère, allait devenir son roi, puisque même après avoir commis une infamie, aucune conséquence ne s’abattait sur lui de la part de son père. Amnon était toujours l’héritier du trône, et ça, Absalom ne le supportait pas, lui frère de sang à 100% de la pauvre Tamar.

La vengeance couve donc pendant deux ans puis le moment favorable arrive : une fête de famille à l’occasion de la tonte des moutons.
Là encore on voit un David faible qui se laisse convaincre et diriger « par le bout du nez », dirait-on aujourd’hui. Versets 25 et 26, on voit très nettement qui a le dernier mot. quand il est dit que David « le bénit », cela signifie en réalité qu’il le salue, lui signifiant que l’entretien est fini. N’importe quel sujet du roi, après un « au revoir » ferme, n’aurait pas osé même entr’ouvrir la bouche. Ici, Amnon continue, insiste : « Permets du moins à mon frère Amnon de venir avec nous. » David, en tant que chef de famille, aurait pu dire à son fils à ce moment-là qu’il est des choses négociables et des choses non-négociables, comme toute personne qui est censée avoir une autorité sur une autre (David était à des lieues de penser, de prévoir ce qu’il pouvait se passer. Il semble avoir oublié ce qu’il s’est passé il y a seulement deux ans.) Un David incisif, avec toute son autorité, c’est-à-dire non sapée par les conséquences de son premier péché envers Urie, aurait senti la chose arriver. Il aurait pu dire « STOP » et son fils aurait respecté son point final.

Quoi qu’il en soit, les fils de David sont tous là, y compris Amnon, et Absalom le fait tuer par ses serviteurs, assumant tout à fait la responsabilité de son acte (v. 28) On voit un Amnon qui se montre déterminé et qui n’a pas peur. Il est bien décidé à laver l’affront, à venger sa soeur.

Si l’on considère maintenant Amnon, on ne décèle chez lui aucun signe de repentance. Aucun regret. Son père n’a rien dit, il ne lui a pas enlevé l’héritage de la royauté, par exemple. Sa demi-soeur Tamar, qu’il déteste maintenant est loin de ses yeux, il est passé à autre chose et ne se méfie de personne. Il ne craint personne. D’autant qu’Absalom ne lui a rien dit, ne lui reproche rien, en apparence. Amnon va donc mourir dans son péché, frappé par l’épée, tout comme Urie qui, lui, par contre, servait l’Eternel fidèlement.

Et l’on ne peut s’empêcher alors de repenser à cet avertissement de la part de Nathan le prophète au chapitre 12 verset 10 : « Maintenant, l’épée ne s’écartera jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé et parce que tu as pris la femme d’Urie, le Hittite, pour en faire ta femme. »

Conclusion

En conclusion, on ne peut que se trouver effaré devant les conséquences d’un péché. On se rend compte à travers l’histoire qui est relatée dans ce chapitre 13 à quel point UN seul péché peut avoir des conséquences néfastes. Veillons donc sur notre vie.

D’ailleurs, UN seul péché de la part d’un seul homme (Adam) a fait entrer le mal dans le monde, créé au départ comme un monde qui était « très bon ».

512 C’est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la
mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché, ...

Rm 512 (Bible de la Colombe)

518 Ainsi donc, comme par une seule faute la condamnation s’étend à tous les hommes, de même par un seul acte de justice, la
justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes.
19 En effet, comme par la désobéissance d’un seul homme, beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul,
beaucoup seront rendus justes.
20 Or, la loi est intervenue pour que la faute soit amplifiée ; mais là où le péché s’est amplifié, la grâce a surabondé.
21 De la sorte, comme le péché a régné avec la mort, ainsi la grâce règne par la justice, pour la vie éternelle, par Jésus-Christ
notre Seigneur.

Rm 518-21 (Bible de la Colombe)

Oui, Dieu est un Dieu de grâce. David a péché, c’est un fait, mais il s’est repenti du mal qu’il a fait. La restauration spirituelle complète est longue à venir et certaines conséquences sont irréparables, irréversibles. Mais la grâce de Dieu est parfaite. Si vous lisez les quatre derniers chapitres de 2 Samuel, vous pourrez voir ce triomphe de la grâce. Dans ces chapitres, il est question de pardon, de victoire, de délivrance, de force...

Oui, Dieu est vraiment un Dieu de grâce car si chacun de nous devait payer toutes les conséquencces de son péché, nous ne serions pas là pour en parler.

Puisse ce malheureux épisode de la vie de David et sa famille nous aider à avancer avec le Seigneur de grâce.

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